« La gymnaste et le blogueur | Page d'accueil | Tout va très bien »
23.08.2008
"Il fabrique des uniformes de police"
"J’ai le droit de le voir une fois par mois, pendant une heure. Nous sommes derrière une vitre, et nous parlons au téléphone. Notre conversation est écoutée. C’est même écrit sur les murs du parloir. Ching Cheong est dans une cellule avec 12 autres prisonniers, la plupart des criminels condamnés à de lourdes peines. Dans la prison, il y a deux usines. Lui, il doit travailler huit heures par jour, avec des heures supplémentaires deux fois par semaine, jusqu’à 21 heures le soir. Il fabrique des uniformes de police. Les prisonniers ne sont pas payés. Avant d’être arrêté, Ching Cheong avait déjà des problèmes de pression artérielle. Mais cela ne se produisait que deux ou trois fois par an. Maintenant, c’est tous les jours. Il souffre de la discipline militaire qui règne dans la prison. Il a perdu 15 kilos depuis son arrestation. Vous savez, le premier mois de détention à Pékin a été extrêmement dur. Un traitement que l’on peut considérer comme de la torture mentale."
On a beaucoup parlé des prisonniers politiques en Chine ces derniers mois. Certains, vivant en démocratie, en sont même venus à défendre le régime de Pékin. Mais tout cela était bien abstrait. A la veille de la clotûre des Jeux, il est bon de relire ce récit glâcé, simple, désarmant, rapporté par Reporters sans frontières dans son rapport annuel. Il décrit ce qu'ont vécu, ces dernières années, le journaliste et écrivain Ching Cheong et son épouse. Il y a actuellement 29 journalistes incarcérés dans des conditions similaires, ou pire, en Chine, et 50 cyberdissidents, qui sont en prison pour avoir fait ce que nous sommes en train de faire, vous et nous, sur ce blog.
15:05 Publié dans Droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note







Ecrire un commentaire