06.08.2008
Prologue militant de la comédie olympique : CYBERMANIFESTONS !
A l'approche de la cérémonie d'ouverture, prologue chorégraphico-gouvernemental de la grand-messe olympique, les militants de tous bords ont commencé à troubler la "fête".

Mercredi matin, deux Britanniques et deux Américains du groupe Students for a Free Tibet ont hissé une banderole "One Dream, One World : Free Tibet" sur un pylône, à proximité du "Nid d'oiseau". Douze minutes après, police, menottes, prison, comme on dit.
En début d'après-midi, place Tiananmen, un groupe de catholiques américains ont organisé un sit-in autour d'une banderole "Jesus is King", protestant ainsi contre une foule de choses impies, dont la politique de l'enfant unique et la pratique de l'avortement en Chine. Police, vous êtes priés d'aller revendiquer ailleurs.
Les rues pékinoises étant devenues des plateaux de tournage de la police, plusieurs initiatives militantes ont été organisées dans des chambres d'hôtel, comme le raconte l'AFP. Il y avait manifestement foule dans les réduits climatisés, entre les journalistes, les policiers, les employés zélés des hôtels et les organisateurs...
Malheureusement pour eux, certains n'ont pu se joindre à la fête. Reuters évoque ainsi le sort de ces démocrates chinois refoulés depuis une semaine... à l'aéroport de Hong-Kong. Blacklist, avion, retour à l'exil, merci de vous taire.
Quant aux équipes de la chaîne de télévision sud-coréenne SBS, elle est interdite de cérémonie d'ouverture. Coupable d'avoir tourné des images des répétitions du grandiose événement. Une centaines d'autres chaînes du monde ont diffusé leurs images, mais bon.
L'ordre règne, si on ne regarde pas le désordre.
16:30 Publié dans Droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Câlins gratuits strictement interdits
La saison de l'amour battant son plein, surtout en période olympique à Pékin, un Chinois ordinaire a décidé d'offrir à ses concitoyens les désormais célèbres "câlins gratuits" que l'on offre dans les rues de nos capitales.
Mal lui en a pris. Entre autres choses, la police chinoise désapprouve manifestement cette insolence beatnik.
09:45 Publié dans Liberté d'expression | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
05.08.2008
Mugabe, Ronaldinho, les petits vieux sur les bancs publics et les taxis aux grandes oreilles
Les étrangers sont les bienvenus en Chine, pourvu qu'ils fassent fleurir le coeur patriotique des partisans du Parti unique.
Ainsi, l'encombrant président zimbabwéen, Robert Mugabe, pourtant un allié fidèle, a-t-il été prié de reprendre son avion pour Harare mardi. Sans doute estimait-on à Pékin qu'un despote brutal aussi célèbre, dans les tribunes du "Nid d'oiseau" pour la cérémonie d'ouverture, était autant à même de faire "perdre la face" à la Chine qu'un vulgaire activiste des droits de l'homme. Le quotidien australien Sydney Morning Herald croit savoir qu'il a fallu déployer des trésors de persuasion pour renvoyer le cher homme à ses "milliardaires affamés". L'inénarrable porte-parole de Robert Mugabe, pourtant, assure sans rire que "Comrade Bob" est retourné chez lui parce qu'il "attache trop d'importance" aux pourparlers engagés avec l'opposition pour rester à Hong Kong. L'impatience est une seconde nature chez lui.
Au contraire, la star brésilienne du football Ronaldinho, lui, a fait battre des coeurs à Pékin, et non des moindres. Le quotidien Shenyang Evening News a organisé une cérémonie, faite d'enthousiasme et de ferveur patriotique, en l'honneur de l'attaquant au déhanché hypnotisant et de son entraîneur, le mythique "Dunga". Le site Danwei.org, qui relate l'événement, montre comment, tout à la joie d'être le centre du monde pour de vrai, l'Empire du Milieu trouve même dans les stars mondiale des raisons de se réjouir d'être Chinois.
Pour ceux qui ne sont pas encore célèbres ou dictateurs, il reste l'ordinaire des étrangers à Pékin : la surveillance permanente. Radio Free Asia nous apprend ainsi que des micros seront placés dans des taxis de la capitale, permettant à de grandes oreilles indiscrètes, mais politiquement éduquées, de savoir ce qui se dit dans ces petits confessionnaux à roulettes. Quant à ceux qui n'ont pas les moyens de les emprunter, il restera les gentils petits vieillards des bancs publics de son quartier, dont parle l'écrivain Jen Lin-Liu dans le New York Times du 4 août, qui, brassard rouge au bras, sont chargés de surveiller les "activités suspectes" dans les endroits que fréquentent les Occidentaux.
17:10 Publié dans Droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note






