05.08.2008
Filmer la place Tiananmen : uniquement sur rendez-vous
L'hospitalité des autorités chinoises pendant les JO a ses limites, notamment lorsqu'il s'agit de la place centrale de Pékin. La municipalité de la capitale a annoncé ce matin que "les journalistes chinois et étrangers sont priés de demander un rendez-vous téléphonique avec le Comité administratif de la place Tiananmen" s'ils ont l'audacieuse idée de vouloir filmer ou réaliser des interviews sur place. Violant ainsi les règles qu'elles ont elles-mêmes édictées au début de l'année et les engagements (les quoi ?) pris devant le CIO. Mais enfin, le Parti n'en est pas à son premier reniement. Comment les autorités s'y prendront-elles lorsque ces impudentes chaînes de télévision étrangères souhaiteront filmer le départ du marathon, sous le portrait du Chancelier Mao ?
Du reste, lorsqu'il s'agit de faire goûter la gloire nouvelle de la Chine à quelques étrangers, la police paramilitaire est toujours là. Deux reporters japonais en ont fait l'amère expérience, le 4 août, à Kashgar, dans le Xinjiang (Nord-Ouest), raconte Reporters sans frontières, craignant "de nouveaux dérapages" à l'approche des Jeux, "dont le CIO porte une part de responsabilité, tant il a tardé à demander des garanties de sécurité pour la presse". Cadet manifeste de ses soucis. L'essentiel, ont répété les responsables olympiques, c'est la qualité des hôtels.
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04.08.2008
Dissidents et intellectuels surveillés ou priés de quitter Pékin pendant les JO
À une semaine des Jeux olympiques 2008, les autorités pékinoises ont demandé à plusieurs dissidents et intellectuels vivant dans la capitale d’aller "faire du tourisme" pendant la durée des épreuves sous peine d’être placés en résidence surveillée. Le dissident Qi Zhiyong s’est vu contraint de quitter la ville avec sa fille. Son téléphone portable a été confisqué et il sera soumis à une surveillance rapprochée durant son "voyage". Pourtant, Qi Zhiyong possède un "hukou", titre de résidant, pour Pékin.
A quatre jours de la cérémonie d'ouverture, l'organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières a dénoncé un renforcement des mesures visant à empêcher les militants des droits de l’homme pékinois de communiquer avec les médias étrangers, notant que "ces méthodes rappellent trop celles de la police soviétique qui avait obligé les dissidents à quitter la ville pendant les JO de 1980".
Toujours selon RSF, le dissident Hong Qisheng a reçu des avertissements de la police, mais a catégoriquement refusé de quitter Pékin. Sa femme a témoigné : "Mon mari a reçu un appel de la police, lui demandant de quitter la ville. Je pense que c’est à cause des JO. La police nous a demandé de retourner dans notre province natale pendant les Jeux olympiques. Nous avons répondu que nous ne partirions pas. La police a ensuite menacé mon mari de le placer en maison d’arrêt. Hong Qisheng a répondu que les autorités pouvaient l’enfermer, qu’il resterait à Pékin."
L’intellectuel Zhang Zuxian a reçu les mêmes menaces. Il a déclaré à un journaliste de Radio Free Asia : "Nous devons rester au nom de la liberté. Ces manières d’agir sont illégales et coûteuses. Cela revient à jeter l’argent par les fenêtres. Certains amis ont déjà été arrêtés et d’autres ont été expulsés de la capitale. Nous ne sommes pas recherchés pour avoir commis un crime, nous ne sommes pas non plus des terroristes. La police agit avec des méthodes archaïques."
Plusieurs avocats défenseurs des droits de l’homme ont été contactés par la Sécurité publique qui leur a demandé d’entrer en contact régulièrement avec la police. La présence policière a été renforcée autour de leurs domiciles ou de leurs lieux de travail. Enfin Zeng Jinyan, l’épouse du militant des droits de l’homme Hu Jia, a été priée par la police qui la surveille nuit et jour de ne plus contacter ses amis et les médias. Les autorités lui ont également conseillé de partir en voyage pendant les JO.
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