22.08.2008
La gymnaste et le blogueur
Depuis plusieurs jours, la blogosphère est agitée par un débat, révélateur du degré d'exaspération de ceux qui ne parviennent pas à croire au visage absolument harmonieux que la Chine entend montrer au monde pendant les JO.
Quel âge a réellement la gymnaste chinoise He Kexin, médaille d'or en individuel et par équipe, enfant chérie d'une nation qui a raflé la majorité des premières places pendant "ses" Jeux ? Le comité olympique chinois affirme qu'elle a 16 ans. La question avait quelque peu agité la presse internationale (et même la presse chinoise), sans que rien de réellement probant ne se dégage de tout cela. Mais un internaute curieux et incrédule a prouvé, documents glanés sur Internet à l'appui, qu'elle n'en a que 14, la rendant inéligible pour les compétitions.
Le Times révèle aujourd'hui que le Comité international olympique a ouvert, un peu à contrecœur, une enquête sur cette épineuse question.
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21.08.2008
Des documents internes de la police révélent la stratégie vis-à-vis des journalistes étrangers
Reporters sans frontières a publié ce matin trois documents de la police chinoise sur la stratégie officielle vis-à-vis des médias étrangers. Si l'intention est plutôt de garantir la liberté d'interview aux milliers de journalistes étrangers présents dans la capitale chinoise, les autorités demandent également aux policiers d'empêcher le travail des reporters non accrédités et, surtout, d'enquêter sur les Chinois qui s'exprimeraient devant la presse. "Cela fait craindre des représailles après les Jeux olympiques quand les milliers de journalistes accrédités seront partis", a déclaré l'organisation, qui reproduit des fac-similés des directives sur son site.
Daté du 25 juillet 2008, un premier document intitulé "Quatre directives relatives à l'encadrement des journalistes étrangers" demande aux forces de sécurité de ne pas couvrir l'objectif des reporters (1), de ne pas endommager leur équipement (2), de ne pas confisquer leur carte mémoire (3) et de ne pas enquêter sur les affaires mineures les concernant (4).
Le second document est intitulé "Huit directives de non-intervention concernent les situations où un journaliste étranger interview un Chinois". Selon les autorités, les policiers ne doivent pas intervenir si le journaliste est accrédité (1), si le journaliste est non accrédité mais ne s'intéresse pas à des sujets politiques (2), si la personne interviewée a donné son accord (3), si le journaliste traite d'un pays tiers (4), lors de conférences de presse d'organisations étrangères disposant d'autorisations (5), si le journaliste réalise une interview sur des sujets sensibles mais que l'interviewé ne provoque pas un rassemblement qui dérange l'ordre public (6), si l'interviewé traite de sujets tels que le Tibet, Xinjiang, Taiwan, Falungong ou critique le Parti ou le gouvernement, mais qu'il n'a pas un comportement excessif (7), si un journaliste prend des photos ou filme le travail des policiers sans les déranger dans leurs activités (8).
Au point 7, la directive précise qu'il est conseillé aux policiers d'"aborder l'interviewé [chinois] conformément à la législation chinoise et suivre et contrôler le journaliste concerné". Dans une dizaine d'affaires, des Chinois ont été arrêtés après avoir voulu alerter l'opinion publique internationale sur leur sort. Le 17 août, deux Chinoises septuagénaires ont été condamnées à un an de rééducation par le travail pour avoir demandé la permission de manifester pendant les JO. Tandis que Zhang Wei, ancienne résidente du quartier de Qianmen à Pékin, a été arrêtée par la police le 9 août, après avoir témoigné auprès de journalistes étrangers sur les circonstances de son relogement.
Reporters sans frontières a pu observer à Pékin que lors de manifestations d'étrangers chrétiens ou pro-tibétains, les autorités préféraient laisser intervenir des policiers déguisés en jeunes patriotes ou des civils membres des groupes de surveillance, avant de procéder à l'arrestation des manifestants. Par ailleurs, la campagne d'intimidation menée par la Sécurité publique avant les Jeux olympiques vis-à-vis des militants des droits de l'homme de Pékin a permis aux autorités d'écarter ces porte-parole des revendications sociales, religieuses et politiques en Chine. Plus d'une quarantaine de ces défenseurs ont été placés en résidence surveillée, contraints de quitter Pékin ou obligés de se cacher de peur des représailles.
Le troisième document est une analyse par le Bureau des affaires criminelles de trois incidents impliquant des militants pro-tibétains, des Chrétiens et un délinquant. Dans les directives de travail, il est demandé en priorité aux policiers d'enquêter de manière exhaustive et d'agir afin d'éviter une mauvaise publicité. Le Bureau des affaires criminelles recommande d'interpeller les manifestants étrangers et de les expulser au plus vite. Les policiers doivent tout faire pour "dépolitiser" les actions, en soulignant auprès du public des conséquences pour l'ordre public. Dans le 4e point des directives, il est demandé de traiter dans les "plus brefs délais les cas religieux". "Eloigner la foule, développer toutes sortes de manoeuvre pour calmer la situation, informer immédiatement le département des Affaires religieuses", sont les consignes adressées aux policiers de Pékin.
Le dernier post du correspondant de la BBC, James Reynolds, sur son blog, illustre bien ces directives.
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17.08.2008
Jeux Potemkine
L'élan patriotique ne pouvant pas tout, n'est-ce pas, l'envergure de la cérémonie d'ouverture des JO était telle qu'il a bien fallu s'arranger un peu avec la réalité.
Le faux direct de la télévision publique chinoise, les pas de géants pyrotechniques composés par ordinateur, la jolie petite fille chantant "L'Ode à la patrie" sur le play-back d'une moins jolie petite fille en coulisses, la danseuse paralysée après une chute de trois mètres lors d'une répétition et cachée par les autorités... Chacun de ces petits subterfuges pour en mettre plein la vue aux invités avait son propre petit refrain, révélait sa propre petite misère et son propre symbole. Le dernier petit arrangement, s'il n'est pas exceptionnel pour les grandes performances publiques, a une portée symbolique que l'on appréciera. Les 56 enfants figurants représentant les 56 ethnies composant la Chine étaient tous des Hans, l'ethnie majoritaire, déguisés l'un en Ouïghour, l'autre en Tibétain, un autre en Mongol, etc.
Cette nouvelle révélation a été relevée lors du point de presse par la journaliste britannique Jane Macartney du quotidien britannique The Times. Elle n'a appelé d'autre réaction de la part de Wang Wei, le vice-président du comité organisateur chinois (l'homme qui n'avait pas "vu" le blindé garé devant le centre de presse au début de la semaine), qu'un coup de sang envers la presse, trop "méticuleuse" à son goût.
Mais cet épisode peut aussi rappeler qu'en 1787, le ministre de la Guerre, Grigori Potemkine, fit visiter les nouvelles provinces conquises par son armée à la tsarine Catherine II, faisant construire le long du parcours des villages de carton pour, précisément, que la réalité arrange ses intérêts et apaise le coeur tourmenté de la suzeraine.
Depuis le début des Jeux, les "gêneurs" sont soigneusement tenus à l'écart. Le patineur de vitesse Joey Cheek, médaillé d'or à Turin en 2006, a ainsi vu son visa "annulé" par l'ambassade de Chine la semaine dernière, la veille de son départ pour Pékin. Aucune explication ne lui a été fournie, mais il est le fondateur du "Team Darfur", un groupe de 72 athlètes qui ont publiquement exprimé leur inquiétude pour la province soudanaise martyrisée.
Entre-temps, tant que les apparences sont sauves, tout va très bien, monsieur Potemkine.
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12.08.2008
D’où sort ce blindé qui garde le centre de presse ?
La question du jour, pour les journalistes accrédités aux Jeux olympiques de Pékin, est au fond assez simple : euh, pourquoi y a-t-il un blindé garé devant le centre de presse ?
Chacun admettra qu’on est en droit de se poser la question. Et même de la poser à Wang Wei, l’imperturbable vice-président du comité organisateur chinois et responsable de la communication des JO, lors du point de presse quotidien. Réponse de l’intéressé, une fois de plus, taillée dans le plus beau bois dont on fait les langues : « Je n’ai rien vu. Je ne sais pas qui a pris cette décision. Ce n’est pas de ma responsabilité, mais il s’agit sûrement d’une mesure de sécurité visant à protéger les médias. Il n’y a rien à craindre. Cela n’aura pas d’impact négatif sur l’accès des médias au centre de presse. » Ça va déjà mieux.
Cet échange a constitué une virgule divertissante, dans le point de presse de mardi. Il reste que cette petite cérémonie quotidienne se déroule dans un climat de plus en plus tendu. Les journalistes, notamment britanniques et américains, ainsi que les correspondants de l’AFP, commencent à se lasser des réponses en chêne imputrescible des représentants chinois et de la transparence complaisante de la porte-parole du CIO, Giselle Davis.
Ainsi, ce matin, un incident très vif est venu réveiller le centre des médias. La chef du bureau de Radio Free Asia, Jill Ku Martin, a demandé des explications au BOCOG et au CIO sur le refus de visa systématique dont est victime l’un de ses journalistes (américain d’origine tibétaine), comme l’a raconté Reporters sans frontières. Pour obtenir une réponse (« Ce problème est à l’étude », dixit Giselle Davis), elle a dû se lever, furieuse, après avoir été opportunément snobée par le petit télégraphiste chinois qui distribue le micro aux journalistes.
Mais enfin, cet épisode est plutôt exceptionnel, dans un rendez-vous quotidien qui a, parfois, une légère saveur beckettienne. Ainsi, à la question : « Pourquoi le département de la Propagande a-t-il édité une liste de 21 consignes pour couvrir les Jeux à l’intention des journalistes chinois ? », Wang Wei a répondu : « Les médias chinois ont le droit d’assurer la couverture des Jeux. » Beckett ou De Funès, on hésite encore.
Un journaliste vétéran des JO et présent à Pékin se souvient : « En 1980, à Moscou, nous savions où nous avions mis les pieds et nous étions conscients qu’on nous mentirait. Ici, tout cela est fait très habilement, avec la complicité active du CIO. Giselle Davis fait de la figuration, donne des réponses très brèves ou répond à côté, en semblant s’ennuyer à mourir. »
« Le CIO porte une très lourde responsabilité dans cette ambiance délétère, continue-t-il, car il savait forcément ce qui se passerait et il ferme honteusement les yeux sur tout ce qui pourrait troubler sa tranquillité olympique et le business qui va avec... »
11:35 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.08.2008
Question d'image
Les JO, ce sont d’abord des images, chacun en conviendra, et le gouvernement chinois en est conscient.
Ainsi la télévision publique CCTV a-t-elle pris la précaution de diffuser la cérémonie d’ouverture en différé, faisant une fois de plus mentir le CIO dans l’impunité la plus totale, nous apprend le site « Aujourd’hui la Chine », photos à l’appui. Interrogé sur le sujet par un journaliste étranger, l’inflexible Comité international olympique, passé maître dans le dégagement en touche, a renvoyé la presse vers la grande chaîne de télévision. Des Chinois résidants aux Etats-Unis n’en ont pas moins vivement protesté contre la diffusion de la même cérémonie, avec douze heures de décalage, par le réseau américain NBC, soucieux, décalage horaire oblige, d’attirer un maximum de spectateurs. Peu de bruit, en revanche, s’agissant du décalage de trente secondes entre le match de football Brésil-Belgique, le 7 août, et sa diffusion. Les autorités chinoises ont expliqué qu’il s’agissait d’un dispositif de lutte contre les hooligans.
Aucune image ne doit être négligée. Surtout pendant la célébration du génie national. Le quotidien britannique Telegraph explique aujourd’hui que les images des empreintes de pas gigantesques dans le ciel de Pékin, qui ont stupéfié le monde entier pendant la cérémonie d’ouverture, avaient été préparées par ordinateur à l’avance et diffusées dans le « Nid d’oiseau » et sur les chaînes du monde entier comme s’il s’agissait d’un événement en direct. Les maîtres de l’illusion sont décidemment très forts.
D’autres images sont plus modestes, moins globales, mais méritent tout de même d’être regardées. Les portraits de trois cents ouvriers migrants, employés sur les chantiers olympiques, puis priés de ne pas polluer l’atmosphère euphorique des JO en retournant dare-dare dans leurs campagnes, ont été imprimés sur des briques de terre cuite par la jeune photographe Wen Fang. Ils sont exposés à la galerie Paris-Beijing, à Pékin, évoquant les statues de l’armée anonyme de l’empereur Qin Shi Huang.
Plus violentes — et plus intolérables pour des autorités chinoises qui ne supportent pas même la vue d’un drapeau tibétain —, les images du film « Leaving Fear Behind », tournées par des Tibétains depuis leur « toit du monde », témoignent de l’abîme d’isolation et de désarroi dans lequel se trouve la province.
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09.08.2008
Lendemain de gigantisme
Le gigantisme de la cérémonie d’ouverture a, nous disent les observateurs, offert la première médaille d’or à la Chine. Même les esprits ordinairement critiques, comme la journaliste hong-kongaise Joyce Hor-Chung Lau, sont restés bouche bée devant les exploits du cinéaste Zhang Yimou et son millier de figurants. L’atmosphère était tellement onirique dans le « Nid d’oiseau », raconte James Reynolds, le correspondant de la BBC à Pékin, que les rumeurs les plus folles ont couru durant la cérémonie, y compris celle évoquant un panda surentraîné qui serait chargé d’allumer la flamme olympique.
Le comité organisateur a toutefois frôlé l’incident, la veille, lorsque plusieurs dizaines de journalistes ont été empêchés d’accéder au stade, sous prétexte qu’ils avaient bien l’accréditation, mais pas de billets d’entrée, a raconté un témoin à ce blog. Incident vite résolu, mais tout de même au prix d’un petit mensonge du China Daily, qui a inventé de toutes pièces une conférence de presse d’excuses qui n’a jamais eu lieu.
Et puis, comme toujours lorsque des milliers de personnes sont rassemblées sous les yeux de milliards d’autres, le « glamour global » a un prix, payé par quelques uns. Le blog « All roads lead to China » nous apprend notamment que les Jeux aspirent une telle demande énergétique que certaines provinces chinoises sont soumises à des restrictions, voire à des pénuries.
Et puis le cauchemar continue pour ceux qui ont le malheur de ne pas vivre dans le monde merveilleux du Parti. Ainsi apprend-on la disparition inquiétante de l'épouse du dissident Hu Jia, placée en résidence surveillée dans son petit appartement de banlieue depuis l'incarcération de son mari.
Entre-temps, les Jeux continuent, sans incident ou presque : la jeune militante sino-canadienne Christina Chan s’est faite expulser manu militari du site olympique d’équitation de Hong-Kong après avoir sorti un drapeau canadien et… un drapeau tibétain à l’arrivée des concurrents.
Il est vrai que les autorités chinoises, malgré la bouche bée mondiale, sont toujours sur les dents. Le journaliste Josh Gerstein raconte même que des agents en civil de la police chinoise circulent dans le centre de presse olympique avec d’étranges machines à la main, à la recherche des émetteurs fantômes de la radio pirate de Reporters sans frontières.
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08.08.2008
Reporters sans frontières diffuse clandestinement un programme en FM à Pékin, le 8 août 2008
Des membres de Reporters sans frontières ont diffusé à Pékin les programmes de "Radio sans frontières", la seule station FM libre de Chine. Dans un programme d'une durée totale de vingt minutes, le secrétaire général de Reporters sans frontières, Robert Ménard, et des défenseurs chinois des droits de l'homme ont lancé un appel au respect de la liberté d'expression, le jour même de la cérémonie d'ouverture des JO de Pékin.
"Les autorités chinoises ont refusé des visas à une dizaine de membres de l'organisation. Cela ne nous a pas empêchés d'être entendus à Pékin en diffusant clandestinement un programme radio grâce à des émetteurs FM miniaturisés et des antennes mobiles. C'est dans un esprit de résistance au contrôle des médias que Reporters sans frontières a conçu et organisé cette action", a déclaré Robert Ménard.
"Il s'agit bien de la première station non étatique diffusée en Chine depuis l'arrivée du Parti communiste chinois au pouvoir en 1949. Seules les radios internationales en chinois qui émettent en ondes courtes pourraient briser ce monopole de l'information, mais elles sont brouillées par les autorités", a ajouté l'organisation.
Le 8 août 2008 à 8 heures 08 du matin heure locale, douze heures exactement avant le début de la cérémonie d'ouverture des JO de Pékin, "Radio sans frontières" a émis sur Pékin à partir de plusieurs émetteurs, sur la fréquence 104.4 de la bande FM.
En anglais :
En français :
En chinois :
En introduction du programme de 20 minutes, en anglais, mandarin et français, Robert Ménard, a expliqué que cette radio est "le plus beau pied de nez aux autorités chinoises qui détiennent encore des dizaines et des dizaines de journalistes et d'internautes en prison. (..) Malgré tout, il y a des gens qui vont pouvoir faire entendre ce que vous ne voulez pas que l'on entende, en plein c¦ur de Pékin. (...) Quelles que soient les mesures que vous prenez, vous n'arriverez pas à bout de la libre parole." Le secrétaire général de Reporters sans frontières a ensuite lancé un appel aux autorités chinoises à libérer les prisonniers d'opinion et à cesser de brouiller les fréquences des radios internationales qui émettent en chinois. "Vous nous avez interdit d'aller à Pékin, vous nous avez mis dehors de la Chine. Malgré tout, on est là et on se fait entendre, pacifiquement, de manière totalement non violente. C'est une façon de dire, la censure, cela ne marche pas."
Le programme contient également des interviews de plusieurs défenseurs chinois des droits de l'homme réfugiés à l'étranger. Une ancienne journaliste, He Qinglian, y explique la censure et l'autocensure imposées à ses confrères restés en Chine. Une militante d'une organisation de défense des droits de l'homme témoigne de la répression dont ont été victimes des activistes chinois à la veille des Jeux olympiques. Tandis que Yang Jianli, ancien prisonnier politique, raconte ses conditions de détention déplorables. "Les pressions de l'extérieur sont essentielles pour améliorer la situation des prisonniers politiques", a affirmé Yang Jianli. Enfin, le directeur du site Internet Boxun.com, basé aux Etats-Unis et toujours bloqué en Chine, décrit les motivations des contributeurs bénévoles du site, qui, malgré les risques, postent des informations sur la situation sociale et politique.
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05.08.2008
Filmer la place Tiananmen : uniquement sur rendez-vous
L'hospitalité des autorités chinoises pendant les JO a ses limites, notamment lorsqu'il s'agit de la place centrale de Pékin. La municipalité de la capitale a annoncé ce matin que "les journalistes chinois et étrangers sont priés de demander un rendez-vous téléphonique avec le Comité administratif de la place Tiananmen" s'ils ont l'audacieuse idée de vouloir filmer ou réaliser des interviews sur place. Violant ainsi les règles qu'elles ont elles-mêmes édictées au début de l'année et les engagements (les quoi ?) pris devant le CIO. Mais enfin, le Parti n'en est pas à son premier reniement. Comment les autorités s'y prendront-elles lorsque ces impudentes chaînes de télévision étrangères souhaiteront filmer le départ du marathon, sous le portrait du Chancelier Mao ?
Du reste, lorsqu'il s'agit de faire goûter la gloire nouvelle de la Chine à quelques étrangers, la police paramilitaire est toujours là. Deux reporters japonais en ont fait l'amère expérience, le 4 août, à Kashgar, dans le Xinjiang (Nord-Ouest), raconte Reporters sans frontières, craignant "de nouveaux dérapages" à l'approche des Jeux, "dont le CIO porte une part de responsabilité, tant il a tardé à demander des garanties de sécurité pour la presse". Cadet manifeste de ses soucis. L'essentiel, ont répété les responsables olympiques, c'est la qualité des hôtels.
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